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Tu fais quoi dans la vie ?

Vendredi dernier, je suis allé boire une bière avec une amie qui est partie travailler au Chili et qu’on avait pas vu depuis plusieurs mois.

On échange des nouvelles, elle s’absente, puis une de ses copines que nous ne connaissons pas vient nous voir avec Justine et entame une conversation avec nous. On discute, puis elle me demande : “Et toi, tu fais quoi dans la vie ?”

J’ai répondu :

“Je fais de l’informatique, et je fais aussi de la vidéo sur internet, je bosse sur des émissions et des reportages sur le son. Et puis je fais de la musique aussi, et de la fiction audio.

Je te dis tout ça, c’est pas pour me vanter ou quoi, c’est juste que je préfère parler de ce que je fais dans la vie et que j’aime. Je crée des choses, je préfère parler de ça que de mon travail !”

Et ensuite on a eu une super discussion très intéressante, on a parlé de notre EP, de vidéo, de création de manière générale.

Légitimité ?

Une des peurs que beaucoup d’entre nous avons, je pense, c’est que la question suivante soit quelque chose du genre “T’as fait quelque chose de connu ?“, laquelle peut également sous-entendre “Tu gagnes de l’argent avec ça ?

N’ayez pas peur. Ne perdez pas occasion de parler de vos créations à quelqu’un parce que vous pensez ne pas être “légitime”. C’est pas votre métier ? Et alors ? Est-ce que ça veut dire que ce que vous faites n’a aucun intérêt ? Que vous n’avez aucune compétence ?

Ma façon de voir les choses, c’est d’en parler tout en restant humble, factuel, honnête. Attention ça ne veut pas dire se dévaloriser. Vous êtes amateur ? Dites-le, c’est pas la honte. Vous avez un boulot mais le week-end vous êtes photographe de mariage ? Dites-le.  Vous sortez des sagas mp3 ? Dites que vous réalisez des fictions audio, parce que c’est vrai. Si votre audience n’est pas nombreuse, que vous n’êtes pas payé pour vos créations, n’ayez pas honte de le dire. Ça n’est pas un gage de qualité.

Imaginez, avec Les Sondiers, on va jusqu’à Francfort, on passe 3 jours avec caméra, micros, et on fait des interviews, des reportages sur un gros événement sur le son et la musique en Europe. On a pas de carte de presse, on est pas une entreprise, ni une association, ni rien. On y va et on le fait. On a une accréditation presse pour accéder à l’événement, comme les professionnels, parce que les organisateurs permettent d’en faire la demande. Nous sommes journalistes au même titre que les équipes pro qui sont présentes en même temps que nous. Pour autant, on est conscient que ça n’est pas notre métier, qu’on a pas fait de formation pour, qu’on a pas la même audience.

Elle est où la limite ? Quand est-ce qu’on a le droit de se sentir légitime ? On se pose trop de questions, peut-être par peur d’être jugé.

Se rendre visible, parler de ce qu’on fait, ça n’est pas se vanter, à partir du moment où c’est fait avec honnêteté. Austin Kleon en parle dans son livre Show your work ! et je me suis surpris à le faire naturellement. Florence “La Mouette” a également écrit un article à ce sujet, et aborde en même temps la difficulté qu’ont les personnes un peu “touche à tout” à se définir.

Essayez : la prochaine fois qu’on vous demande, parlez de ce que vous créez dans la vie.

 

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10 ans de créations sur internet – L’écosystème créatif

10 ans. Dix ans. J’arrive à un âge où on commence à pouvoir compter en décennies.

Aujourd’hui, ça fait 10 ans que je me suis inscrit sur le forum Netophonix. J’avais déjà commencé à créer des fictions audio avant, j’avais sans doute déjà créé mon ancien site internet quelques jours plus tôt (je vous parle même pas des “pages perso” Voila ou Free…), mais mon inscription sur ce site correspond pour moi au moment où c’est devenu réel.

Trouver un écosystème créatif

Le Samedi 9 Juin 2007, suivant les conseils de mon ami MimiRyudo, je me choisissais un pseudo – Asmoth, un anagramme de mon prénom – et m’inscrivait sur ce site qui se décrivait comme “un petit univers pour les sagas, aventures, sketchs MP3 libres sur le net“. A l’époque je n’avais pas grand chose d’extraordinaire à proposer : j’avais terminé 3 épisodes de ma saga Jacky et ses voisins et je bossais sur le 4ème. C’était clairement perfectible à tous les niveaux.

Mais voilà, le Samedi 9 juin 2007, j’ai intégré une communauté de gens qui partageaient la même passion que moi : écouter, créer des fictions audio. C’était énorme à l’époque, les réseaux sociaux n’étaient pas ce qu’ils sont devenus aujourd’hui, Facebook débarquait à peine en France, Twitter n’existait pas depuis très longtemps. J’avais trouvé un moyen de partager mes créations à des gens que ça intéresse, d’en découvrir de nouvelles, et de rencontrer les créateurs d’autres fictions (que je connaissais ou pas).

En termes de créations, il y a plusieurs notions que je défends particulièrement et la principale est de créer et publier régulièrement. Arrêtez de chercher la perfection, terminez-le boulot, publiez-le et passez à un nouveau projet.

Le problème avec ça c’est que si votre public c’est uniquement votre famille et vos amis, ça peut vite devenir frustrant parce qu’ils écoutent peut-être uniquement pour être sympa avec vous. Ce qui est super cool hein, mais si par exemple la fiction audio ça les intéresse pas, c’est parfois compliqué de les amener à écouter, commenter vos oeuvres. C’est pour ça qu’il faut vous trouver une communauté, un écosystème de gens qui partagent les mêmes intérêts. Le but n’est pas de récolter uniquement des avis positifs, c’est de trouver des gens qui connaissent le milieu, les codes, et avec qui vous êtes capables de vous stimuler.

C’est ce que j’ai trouvé avec Netophonix.

Austin Kleon parle dans son livre Show Your Work ! et sur son blog de la notion de Scenius, inventée par Brian Eno : il faut en finir avec la théorie du génie solitaire qui du jour au lendemain sort un chef-d’œuvre tout seul.

Catalyseur

Participer à cette communauté a agit pour moi comme un catalyseur. Ça m’a permis de :

  • Découvrir des fictions audio
  • Rencontrer des amis
  • Apprendre les techniques du son
  • Progresser dans la réalisation de fiction audio
  • Participer à des projets super
  • Saisir des opportunités
  • Participer à des conventions et animer des conférences
  • Créer

Ce que je suis aujourd’hui, ce que je fais sur internet en matière de création, beaucoup découle de ce que j’ai vécu dans cette communauté.

Il y a 10 ans, j’étais loin de me douter qu’un jour :

J’oublie plein de choses évidemment. Alors certes je n’ai pas des millions de gens qui suivent mon travail, je ne vis pas de mes créations, je ne suis pas célèbre, je ne crée pas autant de choses que je le voudrais, c’est pas aussi bien que ce que je voudrais. Mais toutes ces choses ne sont qu’une partie de l’iceberg. Le plus important c’est de créer et de persévérer. Et de recommencer. Comme le dit Casey Neistat : C’EST NOUS LE PUTAIN D’ICEBERG.

Merci

Merci à tous ces gens qui m’ont aidé ou inspiré pendant tout ce temps.

Merci à Netophonix et sa communauté pour avoir permis tout un tas de trucs supers.

Surtout, merci MimiRyudo de m’avoir poussé à m’inscrire là-bas et à publier mes créations. Ça a changé ma vie.

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Créativité et configuration : un temps pour tout

Il y a 10 jours j’ai bossé sur une petite production musicale pour habiller ma vidéo sur le SMAOLAB 11. Quand je travaille sur une vidéo de ce style j’aime bien y mettre de la musique, et c’est mieux si je la réalise moi-même : j’ai les droits dessus et ça me fait progresser.

Je me suis retrouvé face à un dilemme : soit je prends du temps pour configurer un environnement de travail optimal, soit je fais comme d’habitude mais je perds l’occasion d’utiliser certaines fonctionnalités qui pourrait m’aider dans la création.

  • D’un côté, je perds du temps et de l’inspiration maintenant, mais ensuite j’aurai plus de possibilités créatives
  • De l’autre je suis créatif tout de suite et je ne perds pas mes idées, mais je suis limité dans ce que je peux faire

Qui ne s’est pas déjà retrouvé dans cette situation ?

Un environnement de travail inspirant

Je vais vous donner un peu de contexte. J’avais deux problématiques.

La première, c’est l’utilisation de mon plugin de batterie, Abbey Road Modern Drummer. C’est un logiciel qui me permet de programmer une batterie virtuelle qui sera ensuite jouée dans mon morceau. Par défaut, ce plugin produit une sortie stéréo avec tout le son de la batterie. Je récupère donc une seule piste avec tous les éléments : kick, caisse claire, toms, cymbales, reverb, etc. Si je veux appliquer un effet particulier (en dehors de ceux que propose Modern Drummer), je dois l’appliquer sur toute la batterie.

ModernDrummer-2Sorties

Comme Modern Drummer est un bon plugin, j’ai la possibilité de créer par exemple 16 sorties indépendantes (au lieu de 2 par défaut) et d’assigner à chacune un élément (kick, snare, tom 1, tom 2, hi-hat, etc.). Ensuite je récupère le son de ces sorties, et là seulement je pourrais m’éclater à mettre tous mes effets dessus.

Niveau technique du son c’est très pratique parce que ça me permet d’être très fin dans les réglages. Niveau créativité c’est bien parce que ça m’ouvre de nouvelles possibilités. Mais c’est un peu fastidieux à mettre en place. Dans ma tête j’avais vraiment envie d’un son de batterie particulier, et par défaut Modern Drummer ne permet pas d’avoir ce son. Si je voulais l’obtenir, il fallait absolument que je passe du temps à faire ce paramétrage.

ModernDrummer-xSorties

La deuxième problématique, c’est que je n’ai que deux mains pour jouer du synthé. Soit je joue du clavier, soit je tourne des boutons pour changer le son. Faire les deux en même temps c’est compliqué et ça limite mes possibilités.

En réalité il y a une solution : jouer d’abord les notes, les enregistrer en midi dans mon logiciel, et ensuite configurer mon ordinateur pour demander à mon synthé de les jouer. Pendant qu’il joue ces notes, moi je peux me concentrer sur le son du Mininova, je peux bouger les filtres et plein d’autres paramètres, et j’enregistre le son dans mon logiciel.

Ça a l’air simple dit comme ça, mais il faut trouver comment ça marche et le mettre en place.

Prenez le temps

A ce moment là j’ai fait le choix du mec qui a pas envie de choisir.

Au moment de commencer à enregistrer mes idées, je me suis dit “ça serait pas mal si je configurais vite fait tous ces trucs” et du coup je m’y suis mis. Ça m’a pris une partie de l’après-midi.

C’était frustrant parce que tout ce que je voulais en réalité c’est créer quelque chose, enregistrer de la musique, laisser s’exprimer mes idées, mais je ne pouvais pas à cause de considérations techniques.

Mais le truc, c’est que maintenant c’est fait. La prochaine fois, je ne serai pas bloqué au niveau créativité, si j’ai envie de me libérer les mains du clavier du synthé pour tweaker le son, je peux. Si je veux détruire un son de caisse claire, je peux.

Ce que j’aurais du faire, c’est dédier un moment spécialement pour ça, au lieu de le faire en plein milieu d’une séance créative. C’est toujours pénible à faire mais au moins je ne coupe pas mon inspiration.

C’est le conseil que je vous donne : dédiez du temps à vous configurer un espace de travail optimal.

CaseyNeistat-Studio-01
Le studio de Casey Neistat

Et quand je dis “configurer”, je ne parle pas forcément d’un logiciel ou d’un ordinateur.

Ça peut être un espace de rangement pour votre matériel, vos outils, vos objectifs d’appareil photo, vos crayons, vos pinceaux.

Ça peut être fixer un objet au mur pour qu’il prenne moins de place sur la table.

Ça peut être prendre du temps pour réarranger la pièce où vous créez, consacrer un bureau, une table, une partie de l’espace à votre processus de création.

Un espace dédié, clair et propre ça aide quand on a pas beaucoup de temps pour créer.

CaseyNeistat-Studio-02
Le studio de Casey Neistat

Et à l’inverse, dédiez du temps uniquement à votre créativité. Mettez vous une croix dans le calendrier, passez deux heures à uniquement développer vos idées, sans vous mettre la pression. Notez les. Moi par exemple c’est dans un carnet que j’ai tout le temps avec moi.

A découvrir

En ce moment je cherche à changer ma façon de faire de la musique et de l’enregistrer. Je cherche à renouveler mon processus de création. Par exemple côté percussions j’ai encore beaucoup de progrès à faire. Et aujourd’hui je ne connais pas l’univers des percussions “electro”. J’ai quelques instruments dans mon home studio (cajon, maracas, tambourin, etc.) et Modern Drummer mais c’est tout.

En me renseignant sur le Maschine Mikro MK2, j’ai découvert Andrew Chellman. Il a une chaîne Youtube où il publie des vidéos dans lesquelles il manipule le Maschine Mikro, dans lesquelles il produit de la musique avec. Non seulement c’est intéressant de le voir créer quelque chose avec ce matériel, mais en plus j’aime bien ce qu’il fait. Je sais que ça demande du travail pour produire des sons comme il le fait, mais ça m’a donné envie.

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Couvrir un événement tout seul – SMAOLAB 11

La semaine dernière j’ai découvert sur internet que lundi 15/05 avait lieu la 11ème session de SMAO#LAB à Grenoble.  Ces événements, organisés par des passionnés, regroupent des conférences, ateliers, démonstrations, retours d’expériences liés à la musique assistés par ordinateur.

Au programme cette fois : démonstration de matériel, retours sur le salon SuperBooth (Berlin), et possibilité d’utiliser librement des synthés mis à disposition sur place (MatrixBrute, DrumBrute, modulaire + BeatStep Pro). Je me suis dit que ça serait intéressant d’y aller et de filmer, de faire quelques interviews pour Les Sondiers. Comme j’ai couvert la MusikMesse deux ans de suite, et qu’on a réalisé pas mal d’interviews en vidéo, c’était dans mes cordes. Certes au lieu d’être 3 (dont 2 à la technique) je serai tout seul, mais en adaptant un peu ça ira.

SMAOLAB 11 Matrixbrute

J’y suis donc allé après le travail. J’ai commencé à traiter le chemin jusqu’au bar où avait lieu le SMAOLAB en mode vlog, un peu comme ce que j’ai fait à la MusikMesse à Francfort. Je trouve que c’est le format le plus simple pour raconter ce qu’il se passe quand je suis tout seul.

C’est vrai jusqu’à un certain point.

J’ai vite découvert que la configuration du lieu allait rendre le truc compliqué. L’événement se passait dans un bar, dont l’éclairage était très sombre : impossible de filmer avec mon grand angle. En plus, il y avait du monde, et pas vraiment trop d’espace pour se déplacer. Et puis enfin y’avait du bruit.

Je m’en doutais, mais je me suis dit machinalement que ça irait, que je trouverais une solution. J’avais de tout façon prévu de filmer une interview avec les organisateurs de SMAOLAB, quelque chose de classique : un plan fixe, des micros dynamiques, peut-être un micro cravate. Je m’étais même préparé un système pour accrocher mon enregistreur portable audio à la ceinture pour avoir toujours un micro sur moi et pouvoir l’utiliser facilement.

Au final j’ai eu un peu de mal à trouver un endroit dans le bar à la fois suffisamment éclairé, avec assez de place et de recul pour placer la caméra et nous avoir tous dans le champ. Je me suis servi de l’éclairage naturel de la baie vitrée donnant sur la rue, sachant que plus j’attendais, moins il y avait de lumière vu que le soleil se couchait.

SMAOLAB 11 Drumbrute

Le risque dans le fait de couvrir un événement de ce genre tout seul, c’est justement qu’il n’y a personne pour vous aider, être derrière la caméra, vérifier les réglages, contrôler l’enregistreur audio. Ce qui fait que pendant l’interview la caméra a fini par s’arrêter de filmer, qu’à un moment je me suis rendu compte que mon enregistreur audio (Zoom H4n) avait saturé, sans vraiment savoir quand. Et en plus de ça, il faut écouter ce que dit la personne qui est interviewée, penser aux questions, etc.

C’est chaud quoi.

Plus tard dans la soirée j’ai également filmé partiellement les interventions d’Arturia, et de Stéphane de SMAOLAB.

En résumé, j’ai récolté des images, du son, mais pas forcément dans la qualité, la forme et la quantité que je voulais. Je vais donc analyser un peu tout ce que j’ai fait et fabriquer un contenu un peu hybride 🙂

SMAOLAB Baptiste

Du coup en gros c’était comment ?

J’ai passé un bon moment :

  • Très bon contact avec tout le monde
  • Ça va certainement amener des opportunités pour le futur
  • Le concept est très sympa (entraide, partage, démo, etc.)
  • Les gars d’Arturia étaient présents et présentaient le matos sur lequel ils ont travaillé (c’est différent d’un revendeur ou d’un commercial) : classe 🙂
  • C’était l’occasion de faire des rencontres avec des gens du milieu de la musique électro
  • J’ai pu revoir Michel et Sébastien d’Arturia que j’avais déjà rencontré à MusikMesse

SAOLAB Seb Arturia

Les quelques trucs un peu moins top :

  • Journée de boulot + SMAOLAB = super fatiguant
  • J’étais sans doute pas assez préparé par rapport à ce type d’événement, j’ai pas l’habitude
  • Lumière insuffisante dans le bar
  • Tout seul, c’est difficile de couvrir un événement sous cette forme

Parfois ça fait un peu mal mais ça permet d’en tirer quelques leçons : peut-être changer de formule la prochaine fois ? Moins de vidéo, plus d’audio ? Ou alors choisir un format plutôt reportage, où je reste derrière la caméra, en ajoutant une voix-off plus tard ? Et pourquoi pas faire des interviews dans le public ?

J’y réfléchis beaucoup en ce moment parce qu’un autre événement se présente, d’une autre envergure, et j’aimerai vraiment pouvoir en profiter pour proposer un contenu intéressant, mais sans perdre l’esprit Les Sondiers.

SMAOLAB Stephane

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